Escape Travels

Le Japon en octobre : un voyage inoubliable.

Osaka, la ville la nuit.

Genève–Tokyo <-> Osaka–Genève.
Préparer ce voyage pendant des mois en amatrice éclairée, c’était s’attendre à tout sans vraiment savoir à quoi. Les livres en disent beaucoup, les guides livrent l’essentiel, les récits des autres servent d’amuse-bouche et les « Top 10 » envahissent mes réseaux sociaux avec le superficiel.
Longtemps fantasmée, cette destination du bout du monde s’est finalement révélée à nous, offrant ses plus beaux atours et des souvenirs plein le coeur.

Premiers pas en Asie, à la découverte du Japon, ce pays fascinant qui pourrait se résumer en trois mots : technologie, discipline et respect. Bienvenue sur l’archipel des contrastes où traditions ancestrales et modernité se répondent en permanence. Nihon, aishiteru – 日本、愛してる。

TOKYO.

Vibrante et fascinante.

Six nuits tokyoïtes, pour s’imprégner sans se presser. Quartier d’Ueno, la tranquillité de notre hôtel avec vue donnant sur le parc au cœur de la capitale. Tokyo, ville de contrastes permanents, avance à deux vitesses : technologies omniprésentes, toujours un train d’avance sur notre époque, et traditions profondément enracinées, socle inébranlable de l’histoire japonaise. Lumières et modernité dans des quartiers denses et vibrants, calme relatif pourtant dans une ville de près de quinze millions d’habitants. Une propreté saisissante, jusque dans les rues pourtant dépourvues de poubelles. Le respect est l’affaire de chacun.

La foule compacte et les passages piétons victimes de leur succès à Shibuya, où nous retrouvons des amis suisses pour dîner. Une mégalopole de 23 quartiers pour 23 atmosphères. Plus d’un millier de temples et de sanctuaires surgissent au détour des rues : dans chacun, un vœu est laissé, une prédiction lue, une prière murmurée.

Touristes parmi les touristes, mais de ceux qui choisissent la rue d’à côté pour explorer. Les Gachapon, cette folie addictive de machines à boules par centaines. Le shopping : tout existe à Tokyo mais en mieux. Achats compulsifs pleinement assumés : si c’est japonais, c’est déjà une excellente raison. Et les 7-Eleven… une révélation, un arrêt quotidien devenu rituel.

Les bento raffinés dans les gares et le métro, ou l’art de manger vite et bien. Le voyage se prolonge à chaque repas : shabu-shabu, ramen, sushi, mochi, onigiri, tempura, wagyu, takoyaki, gyoza… Un plaisir assumé à collectionner les tampons traditionnels uniques à chaque lieu, preuves illustrées de notre passage soigneusement consignées dans le plus beau des carnets.

Incontournable et immersive, la visite de TeamLab. L’adresse des incroyables fluffy pancakes où l’on réserve sa table le matin même sur le principe du premier arrivé, premier servi: à 6 heures 30 du matin, nous étions déjà cinquante lève-tôt devant Benitsuru. Une parenthèse dans un café à chats, les nôtres nous manquaient. Harajuku et le Tokyo kawaii, héritier de la culture pop et des mangas. Les cafés à cochons ou à capybaras : concept moyennement convaincant…

Faire l’expérience des toilettes japonaises mériterait à elle seule tout un chapitre. Apprendre l’histoire passionnante des ninjas et samouraïs au Samurai Ninja Museum. Le marché aux poissons où l’on déguste sur place avant d’emporter quelques spécialités. Le temple de la papeterie chez Ito-Ya, douze étages de bonheur. L’expérience onsen, en duo mère-fille / père-fils, à l’hôtel.

La Tokyo Tower, incontournable, et sa vue à 360° sur la capitale. Le Pokémon Center, visite surprise tant attendue. En moyenne, 18 000 pas par jour – heureux d’être bien chaussés. Les délicieux matcha latte de Tokyo qui m’ont définitivement réconciliée avec la poudre verte si tendance. Omotesandō et sa Cat Street, l’une de mes ambiances urbaines préférées, et les meilleurs caramels du monde chez Number Sugar. Tester du Joël Robuchon en version nippone et franchir un nouveau cap culinaire : exceptionnel. Et puis cet incroyable mochi à la figue fraîche, dégusté impatiemment sur un trottoir, restera un souvenir pour la vie.

&Here TOKYO Ueno ****, l’hôtel à Tokyo. BEN ZAI TEN, les mochis fruités merveilleux. BENITSURU, les fabuleux pancakes. NUMBER SUGAR, les meilleurs caramels du monde. ITO-YA, la papeterie du bonheur. http://store.ito-ya.co.jp.

FUJI-SAN, KYOTO, NARA.

Fuji-san, le timide

Le mont Fuji nous a fait l’honneur de se dévoiler. En ce vendredi d’octobre baigné de soleil, sa silhouette se dessinait parfaitement de la base jusqu’au sommet. Un privilège rare car, 80 % du temps, les voyageurs parvenus jusqu’à la pagode n’ont pas cette chance.

À l’arrivée, une file interminable nous attendait après l’ascension des quelques centaines de marches. Il fallait patienter que demandes en mariage et séances photo avec Fuji en toile de fond soient faites… C’est bien normal de vouloir immortaliser l’instant, mais l’attente peut être longue ! Le temps est compté, notre Shinkansen vers Kyoto n’attendra personne, et il y a tant à découvrir… Nous avons donc quelque peu contourné la foule, saisi les clichés de rigueur, puis sommes redescendus tranquillement par une petite route bucolique, loin de l’agitation. Avec le recul, une évidence s’impose : pour le Fuji, plus on arrive tôt, mieux c’est.

Kyoto, la plus vraie.

À taille humaine, portée par une atmosphère profondément traditionnelle, Kyoto séduit par ses quartiers préservés et sa beauté ancestrale. Quatre nuits pour prendre le temps d’explorer le berceau de l’ère Edo et ses alentours, à notre rythme.

Une soirée magique au cœur de Gion restera gravée : trois heures de visite privée et personnalisée menée par Richard, si riche d’enseignements. Apercevoir des geisha et des maiko, s’enfoncer dans des ruelles secrètes baignées de silence et de mystère à la recherche de temples et de sanctuaires d’une beauté saisissante. Une expérience inoubliable.

Kyoto s’est montrée généreuse à bien des égards. Côté gastronomie, on retiendra les glaces aussi délicieuses qu’esthétiques, les tempura d’une finesse remarquable, les haltes toujours passionnantes dans les supermarchés de quartier, et la découverte d’un restaurant spécialisé en wagyu, véritable délice. Passage incontournable à la Traveler’s Factory, refuge des globe-trotteurs, avec en prime quelques tampons inédits pour enrichir le carnet de voyage spécial Japon. La visite du Musée International du Manga, enfin, nous a offert un souvenir d’artiste nipponne unique: un portrait de famille à rapporter à la maison (un créneau à réserver absolument !).

L’immersion culturelle fut encore plus intense en séjournant dans une machiya, maison traditionnelle en bois à l’esthétique sobre et raffinée, typique de Kyoto. Architecture délicate, tatamis, futons, portes coulissantes (shōji), et ce jardin intérieur apaisant où les carpes koï glissent tranquillement d’un espace à l’autre.

Et puis, au détour d’une balade paisible, une rencontre précieuse : un homme passionné, membre de la Nippon Origami Association, qui nous a accueillis dans son temple de l’origami autour d’une boisson chaude et d’une démonstration de pliage, avec une infinie gentillesse. Un de ces instants suspendus qui donnent tout son sens au voyage.

Machiya 京恋黄金屋, 中京区薬師町, 652-42, Kyoto, Japon. Triptomo.com, la visite mémorable par Richard (+81 70-5595-5351). Origami et Tea Room, Kyoto – Nishiwakamiyaminamihancho. Traveler’s Factory, le temple des voyageurs.

Les daims de Nara, les 10’000 Toriis et les bambous géants.

Depuis Kyoto, une excursion à Nara s’impose : son temple, ses daims en liberté et ses petites boutiques traditionnelles si inspirantes font de cette journée une parenthèse inoubliable. La visite du Tōdai-ji (東大寺), inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, ne laisse personne indifférent. L’immense Bouddha de bronze à l’intérieur impressionne et impose le respect. Et le Goshuin, ce sceau calligraphié par les moines ou prêtres dans le carnet spécial Goshuinchō, tel un journal spirituel apportant à la fois solennité et souvenir précieux à emporter.

Autour de Kyoto, les découvertes sont nombreuses. Parmi elles, Fushimi Inari Taisha (伏見稲荷大社), sanctuaire célèbre pour ses milliers de torii rouges formant des tunnels le long de la montagne Inari, est incontournable. Une règle d’or : partir tôt et emprunter les chemins annexes. Arpenter la montagne, même partiellement, permet de croiser artistes, chats et statues de renard par milliers, symboles des messagers du dieu Inari. Et sur le chemin du retour, une petite boutique de kimonos saura combler celle qui en rêvait tant…

Enfin, Arashiyama fait partie du programme, surtout pour la visite de son temple et de ses magnifiques jardins, plus que pour la fameuse allée de bambous géants… Mais ce n’est là que mon avis.

HIROSHIMA, MIYAJIMA, OSAKA.

Hiroshima, la ville-phénix.

Bouleversant. Le Mémorial de la Paix d’Hiroshima nous plonge au cœur de l’atrocité de la guerre et de la tragédie de la bombe atomique, qui a explosé il y a 80 ans, à 600 mètres au-dessus de la ville. L’explosion a anéanti près de 70 % d’Hiroshima et causé la mort de plus de cent mille personnes. Comment visiter cette ville sans être profondément marqué par ce chapitre sombre de l’histoire ?

Heureusement, la ville des Mille Grues de Sadako ne se résume pas à cette page dramatique. Hiroshima a su renaître, lumineuse et apaisée, et porte aujourd’hui un message puissant d’espoir et de résilience. Au-delà du Mémorial, elle offre une multitude de découvertes : son château, ses temples, ses jardins splendides, et une gastronomie locale qui ravit les papilles.

KIRO Hiroshima by THE SHARE HOTELS***, une adresse tout en style et en minimalisme.

Miyajima, spectacle insulaire.

Itsuku-shima, ou Miyajima, est une île sacrée du Japon. Depuis le bateau qui traverse la baie de Hiroshima, on aperçoit ce que tous viennent admirer : le vénérable sanctuaire shinto du XVIᵉ siècle, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec son emblématique torii semblant flotter à marée haute dans la mer intérieure de Seto. Le spectacle est d’autant plus magique au soleil couchant.

Sur la promenade, les daims nous accompagnent et l’atmosphère, paisible et inspirante, confère à l’île une aura presque mystérieuse. Miyajima se déguste aussi : huîtres gratinées, anguille et autres spécialités locales font partie de l’expérience, incontournable pour les gourmets. Facile d’accès, cette parenthèse enchanteresse se combine parfaitement avec un séjour à Hiroshima, pour prolonger la découverte de cette région singulière.

Osaka, la dernière étape.

Le périple s’achève ici. Osaka, vibrante et animée, nous offre encore de beaux souvenirs. En point d’orgue, la montée à l’Umeda Sky Building, culminant à 173 mètres, dévoile une vue époustouflante à 360° sur la ville et au-delà. En fin d’après-midi, la lumière du soleil couchant magnifie l’expérience.

Une balade nocturne au Dōtonbori, quartier aux néons éclatants, où les stands de spécialités locales éveillent tous les sens. Osaka se goûte autant qu’elle se contemple. Impossible de repartir sans s’essayer aux délicieux okonomiyaki, dégustés dans un restaurant chaleureux en compagnie d’amis suisses. Ultime découverte, la visite du spectaculaire Aquarium Kaiyukan : un spectacle pour tous…

Nous séjournons dans une adresse branchée, profitons d’un dernier cocktail avec vue sur la ville, prenons le temps de chiller un peu avant de nous préparer pour le vol retour. Nostalgie des derniers instants… mais toutes les belles choses ont une fin.

The Lively Osaka Honmachi, hôtel stylé et central. Okonomiyaki PROKO, excellent restaurant à réserver.

Des villes vibrantes, des paysages saisissants, des expériences marquantes. Le Japon est un pays magnifique, le voyage fut merveilleux. Mais la véritable beauté du Japon, nous l’avons découverte dans les instants les plus simples. Un sourire discret, une porte poussée par hasard, un échange inattendu. Des silences pleins de délicatesse, un accueil mesuré mais profondément chaleureux, un conseil glissé au détour d’une conversation. La patience infinie des Japonais, leur disponibilité pour l’autre, et cet art si subtil de saluer avec respect. Et puis il y a eu cette soirée inoubliable, lorsque Naoko et sa famille nous ont ouvert leur maison avec une profonde gentillesse pour partager simplement un repas tous ensemble, et nous offrir ce que cette culture a de plus précieux. À très bientôt, empire du Soleil-Levant, et Hontō ni arigatō gozaimashita, 本当にありがとうございました.

Retrouvez toutes les images de ce fabuleux voyage sur mon compte Instagram @make.my.daylicious et tous les autres articles Make My Daylicious ici.

Storyteller, Photographer

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19 janvier 2026

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